Fin de l’occupation d’un bâtiment à l’Université de Lausanne pour protester contre les massacres à Gaza

 Fin de l’occupation d’un bâtiment à l’Université de Lausanne pour protester contre les massacres à Gaza

Occupation du bâtiment Géopolis de l’Université de Lausanne par un collectif d’étudiants pro-palestiniens (du 2 au 14 mai 2024).

Université de Lausanne (UNIL). Après un accord passé avec la direction, l’occupation du bâtiment Géopolis par un collectif d’étudiants pro-palestiniens a pris fin ce mardi 14 mai. Il avait débuté le 2 mai dernier.

 

Rym, membre du collectif que nous avions pu joindre il y a quelques jours au téléphone nous avait expliqué les raisons de l’occupation de ce bâtiment. Le collectif demandait à « la direction de l’université de cesser toute relation académique avec les universités israéliennes« , arguant qu’elles « jouent un rôle actif dans la légitimation du régime d’apartheid et la perpétuation de la colonisation et de l’oppression ».

Le collectif insistait également pour que « les étudiants et les académiciens gazaouis soient accueillis dans notre université, comme cela a été fait pour les universitaires ukrainiens ». 

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Mardi après-midi, la direction de l’UNIL a présenté à une délégation du collectif ses dernières réponses aux revendications. « Ces réponses ont été acceptées dans la soirée par l’assemblée générale du collectif », indique l’Unil dans un communiqué. Par conséquent, l’occupation du bâtiment Géopolis a pris fin.

Si la direction de l’université a refusé d’entrer en matière sur le boycott académique réclamé par le collectif, elle a pris un certain nombre d’engagements, dont la création d’une cellule d’experts.

Cette dernière évaluera les collaborations avec des instituts scientifiques de pays en guerre « sous l’angle de l’éthique, de l’intégrité scientifique, du droit international et de la liberté académique ».

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Dans ce même contexte, l’Unil accepte également d’inciter ses chercheurs à faire preuve de la plus grande diligence dans leurs collaborations scientifiques.

Elle renforcera le réseau et le dispositif « Scholars at risk » pour les chercheurs palestiniens, ainsi que son soutien aux étudiants palestiniens.

La direction mettra par ailleurs en place un programme de soutien à la reconstruction des capacités académiques palestiniennes et émettra une prise de position sur la situation de ces universités.

Depuis le 2 mai, une centaine d’étudiants occupait donc ce bâtiment, le Géopolis de l’Université de Lausanne, pour protester contre les massacres qui ont lieu en ce moment à Gaza.

A la suite de cette mobilisation, d’autres universités suisses leur ont emboîté le pas, comme celle de Genève et les écoles polytechniques fédérales de Lausanne et de Zurich.

Ce mercredi 15 mai, la plupart de ces bâtiments étaient toujours occupés par les étudiants pro-palestiniens.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.