Roland Garros. Impressionnante, l’Égyptienne Mayar Sherif se qualifie pour le second tour

 Roland Garros. Impressionnante, l’Égyptienne Mayar Sherif se qualifie pour le second tour

Mayar Sherif (Photo : Michael Owens / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

À cause de la pluie, le match a commencé avec quelques heures de retard mais Mayar Sherif n’a pas tardé. Ce mardi 28 mai, en une heure dix-huit et en deux sets 6-1, 6-3, l’Égyptienne de 28 ans, 53e mondiale, n’a fait qu’une bouchée de la Chinoise Yue Yan, 36e au classement WTA, qui l’avait pourtant battue en deux sets il y a un mois à Rouen.

Cet après-midi, finaliste sur terre battue en mai à Rabat, Mayar Sherif a été impressionnante, surtout physiquement. « J’ai beaucoup travaillé cet aspect ces quatre dernières semaines, a avoué à l’issue de la rencontre la 53e mondiale, professionnelle depuis 2019. Et quand tu es bien physiquement, c’est plus facile d’être bonne techniquement. »

Effectivement, Mayar Sherif, bien en jambes, se battant sur chaque point comme si elle jouait sa vie, a tout réussi : les amortis, les coups droits le long de la ligne, les revers croisés et même les volées, pourtant pas un de ses points forts.

Un peu tendue au début de la rencontre où elle perd le premier jeu, Mayar Sherif trouve très vite son rythme et gagne tous les autres jeux de ce premier set sans jamais vraiment être inquiétée.

Menant 5-1, Sherif s’offre, grâce à une amortie, une première balle de set. De nouveau, avec l’aide d’une deuxième amortie, Sherif attire Yan au filet, qui cette fois-ci réussit à remettre la balle dans le court. Sherif effectue un lob victorieux : 1 set à zéro.

Pas découragée, Yue Yan a deux balles de break au premier jeu en ce début de deuxième set. Grâce à un solide jeu de fond de court, Sherif revient à 40-40 avant de remporter le jeu. Yue Yan continue de croire en ses chances et s’accroche. Ses efforts paient, elle recolle à 2-2 puis mène 3-2, avant de s’écrouler.

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En une heure dix-huit, celle qui est devenue la première joueuse égyptienne à accéder au tableau final d’un tournoi du Grand Chelem en se qualifiant pour l’édition 2020 de Roland Garros a gagné cet après-midi sans trembler son premier match et empoche surtout un maximum de confiance alors qu’elle affrontera jeudi la tête de série n°12, Madison Keys, qui s’est logiquement imposée face à Renata Zarazúa en deux sets (6-3, 6-2).

« C’est une adversaire coriace qui est en forme puisqu’elle a remporté un tournoi la semaine dernière (Ndlr : victorieuse à Strasbourg) mais je vais tout faire pour la tenir à distance et on verra bien », positive Sherif.

Peut-elle être la surprise de ce Roland Garros et accéder pour la première fois à un troisième tour d’un tournoi du Grand Chelem ? La terre battue étant sa surface préférée, l’Égyptienne y croit dur comme fer.

« Cette année, tout le monde peut battre tout le monde. Le tournoi est très ouvert et les cent premières femmes au classement WTA ont sensiblement le même niveau, clame Sherif. Sur terre battue, j’ai déjà battu les meilleures », rappelle-t-elle encore.

Surtout, l’Égyptienne est convaincue que tous ses efforts finiront par payer. « Je m’entraîne dur depuis de nombreuses années. La vie d’une joueuse professionnelle de tennis n’est pas facile. On s’entraîne tous les jours et on voit très peu sa famille », pointe-t-elle.

Pour le second tour, sa famille sera presque au complet, une de ses sœurs arrive jeudi à Paris. Sur le discret court numéro 4 cet après-midi, on pouvait déjà entendre sa mère, sa sœur et ses deux tantes l’encourager à vive voix.

Jeudi, elle affrontera Madison Keys sur le court Suzanne-Lenglen, le deuxième plus grand court de tennis du stade Roland-Garros. « J’aime bien les grosses ambiances et la clameur du public. J’ai hâte d’y être », se réjouit Sherif.

La numéro un égyptienne pourra également compter sur Ons Jabeur, un de ses modèles, avec qui elle est toujours aussi « connectée ». « Elle et son coach me donnent toujours des conseils. Et ils me sont précieux », dit-elle avec le sourire. Madison Keys est prévenue.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.