Lamia Hanafi : « Nextafrica, un pont entre l’Europe et l’Afrique »

 Lamia Hanafi : « Nextafrica, un pont entre l’Europe et l’Afrique »

Archives personnelles de Lamia Hanafi

Conquérir des marchés européens ou africains, échanger des expériences au sein du plus grand campus de startups au monde, profiter des infrastructures marocaines et françaises…C’est tout le sens qu’ont voulu donné la Station F et l’UM6P en créant le programme Nextafrica pour la Greentech, Agtech et la Healthtech. Les candidatures peuvent déjà être soumises ici. Derrière cette idée, Lamia Hanafi, head of Innovation and Entrepreneurship au sein de l’UM6P. Interview

Pourquoi avez-vous fait ce choix de créer le programme Nextafrica ?

Lamia Hanafi : Nextafrica est le 1er programme d’accélération de startups panafricains que j’ai créé pour l’UM6P. Il permet d’accompagner des startups de la green tech, de l’énergie, l’environnement, de l’agriculture, de la health tech, pour leur permettre d’avoir un accès privilégié au marché africain et à l’écosystème de l’UM6P.

Pourquoi avez-vous fait le choix d’accompagner ce programme avec la Station F ?

Lamia Hanafi :  J’ai eu un parcours d’entrepreneure. J’ai fait mes armes à la Station F, qui est le plus grand campus de start-ups au monde. On y découvre une communauté assez incroyable et des opportunités de business. Au sein de ce lieu, les Marocains représentent la troisième communauté la plus représentée. Avec l’UM6P, nous avons voulu regrouper cette diaspora et au delà, toutes les start-ups intéressées par le marché africain.  

Que manquent-ils à ces start-ups africaines pour se développer ?

Lamia HanafiIls leur manquent du mentorat, des incubateurs ou des financements. Du coup, notre volonté a été de créer un pont entre l’Europe et l’Afrique avec le programme Nextafrica. Cela permet à l’entrepreneur d’avoir un accès direct au marché ou à des laboratoires et des technologies de pointe. Cela permet de mettre en avant la richesse de l’écosystème de l’UM6P mais aussi de se baser sur les capacités d’innovation des laboratoires européens ou africains. 

Est-ce que ce genre d’initiative permet d’aider ces start-ups à trouver des marchés ou plutôt à trouver des financements ?

Lamia Hanafi : Ce programme ne vise pas uniquement à accompagner l’entrepreneur à ouvrir de nouveaux marchés ou à expérimenter leurs innovations. Il doit aussi leur donner la possibilité de se connecter avec les investisseurs de l’écosystème ou ceux déjà présents sur le marché africain. Avec Nextafrica, nous ne garantissons pas la levée de fonds mais nous mettons tous les moyens nécessaires pour accompagner au mieux ces entrepreneurs et les intégrer à cet écosystème africain et européen.

Avec votre frère Safir Hanafi, vous avez monté une start-up dans l’immobilier au sein de la Station F. Souhaitez vous faire passer le message que l’on peut y arriver en Europe et en Afrique ?

Lamia Hanafi : Avec mon frère, nous avons fait partie de la première promotion de la Station F en 2017. En parallèle, c’est vrai qu’avec l’aide de l’ambassadeur S.E. Chakib Benmousa, nous avons créé ce réseau French Moroccan Touch qui établit le lien entre startupers franco-marocains. Nous avons toujours eu l’ambition de regrouper cet écosystème et même d’aller au delà. Nextafrica, c’est l’occasion de représenter la diaspora africaine au coeur de la station F. C’est aussi l’occasion pour l’université africaine, l’UM6P France, d’apparaitre au sein de cet incubateur. Il faut qu’il y ait plus d’initiatives favorisant la mobilité et favorisant également la création de valeurs entre les marchés.

Pour participer au programme, cliquer sur le lien ici

 

 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.