CAN 2025. Sénégal – Maroc : après un match fou, Pape Gueye offre la victoire aux Sénégalais aux prolongations

Après la victoire du Sénégal, les joueurs marocains, dépités, à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) entre le Sénégal et le Maroc, au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le 18 janvier 2026. (Photo : Paul Ellis / AFP)
Il y avait de la pluie, des sifflets, des larmes et un stade prêt à imploser. Il y avait surtout un vainqueur. Au bout d’une finale étouffante, interminable et franchement folle, le Sénégal a conquis sa seconde couronne continentale après celle de 2021, en battant le Maroc (1-0), dimanche soir à Rabat. Pour les Lions de l’Atlas, en revanche, la disette continue : cinquante ans sans CAN, et un compteur qui refuse obstinément de repartir à zéro.
Le scénario avait pourtant tout d’un mauvais rêve pour les Sénégalais. Une finale verrouillée, deux gardiens en état de grâce, et ce penalty accordé au Maroc dans un stade en fusion, au bout du bout du temps additionnel. Brahim Díaz s’avance, tente une panenka aussi osée que malvenue et trouve Édouard Mendy, immobile, souverain. Le moment charnière de la soirée. Le moment où Rabat se fige, avant de basculer dans un étrange chaos.

Car derrière ce penalty raté, il y a l’autre image forte de la finale : les joueurs sénégalais quittant la pelouse, furieux de la décision arbitrale, avant d’y revenir sous l’impulsion de Sadio Mané. Une scène lunaire, à la hauteur d’un match qui n’a cessé de flirter avec l’absurde.
Dans ce tumulte, les prolongations ont fini par livrer leur verdict. À la 94e minute, Pape Gueye surgit, efface Hakimi et déclenche une frappe sèche, violente, presque libératrice, qui se loge dans la lucarne de Bounou. Le but d’un sacre, le but qui brise un mur marocain longtemps infranchissable. Le Sénégal ne lâchera plus rien.

Pourtant, le Maroc n’aura jamais cessé d’y croire. À dix contre onze, poussé par un public incandescent, il frappe la barre (Aguerd), bute encore sur Mendy, multiplie les centres et les espoirs. En vain. La pluie s’abat sur Rabat comme un rideau final, et le chronomètre finit par rendre les armes.
Dans cette finale de nerfs, les deux gardiens ont été les véritables géants. Bounou, impeccable, a longtemps tenu le Maroc à flot. Mendy, lui, a tout arrêté ou presque : le penalty, les centres, les têtes, les derniers assauts. Il aurait dû être l’homme du match, symbole d’un Sénégal solide, patient, parfois contesté, mais toujours debout.
Il fallait voir aussi les tribunes pour mesurer la démesure de l’événement : des billets arrachés au marché noir jusqu’à 1 000 euros, un stade rouge incandescent et une attente marocaine devenue presque historique. Avant cette finale, les deux nations finalistes avaient chacune une étoile : 1976 pour le Maroc, 2021 pour le Sénégal. Ce dimanche soir, les Lions de la Teranga en ont ajouté une deuxième. Les Lions de l’Atlas, eux, devront encore patienter.


Parcours jusqu’à la finale
Maroc
Groupe A : termine en tête avec sept points, grâce à deux victoires (contre la Zambie et le Mali) et un match nul.
Huitièmes de finale : Maroc 1–0 Tanzanie
Quarts de finale : Maroc 2–0 Cameroun
Demi-finales : Maroc 0–0 Nigeria (victoire aux tirs au but 4-2)
Sénégal
Groupe D : termine en tête avec sept points, grâce à deux victoires (contre le Botswana et le Bénin) et un match nul (contre la RD Congo).
Huitièmes de finale : Sénégal 3–1 Soudan
Quarts de finale : Sénégal 1–0 Mali
Demi-finales : Sénégal 1–0 Égypte
