Apologie de terrorisme : le procès de Rima Hassan renvoyé à octobre

 Apologie de terrorisme : le procès de Rima Hassan renvoyé à octobre

crédit photo Blanca CRUZ / AFP

Il faudra encore attendre pour connaître l’issue judiciaire de cette affaire très commentée. Ce mardi 7 juillet, la 10e chambre correctionnelle de Paris a acté le report du procès de l’eurodéputée insoumise, Rima Hassan poursuivie pour « apologie du terrorisme », aux 19 et 20 octobre.

En bref

  • La justice renvoie le procès de Rima Hassan aux 19 et 20 octobre.
  • Son avocat a demandé ce report au nom des droits de la défense.
  • Il prévoit de déposer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).
  • La justice poursuit l’eurodéputée pour un message publié sur X.
  • Rima Hassan dénonce une procédure à caractère politique.

Le procès de Rima Hassan renvoyé à octobre

Il faudra encore attendre pour connaître l’issue judiciaire de cette affaire très commentée. Ce mardi 7 juillet, la 10e chambre correctionnelle de Paris a acté le report du procès de l’eurodéputée insoumise Rima Hassan, poursuivie pour « apologie du terrorisme », aux 19 et 20 octobre.

Devant le Palais de justice, de nombreux soutiens de Rima Hassan s’étaient massés dès le matin. Leur présence témoigne de la mobilisation suscitée par cette affaire, bien au-delà des cercles militants habituels.

La défense invoque un déséquilibre procédural

C’est Me Vincent Brengarth, avocat de Rima Hassan, qui a formulé cette demande dès le début de l’audience. Il invoque un impératif d’« équilibre des droits de la défense ».

Devant la barre, il a justifié cette stratégie : les conclusions déposées par les parties civiles, parfois longues d’une trentaine de pages, lui sont parvenues trop tardivement pour être étudiées sérieusement avant l’audience.

L’avocat a par ailleurs déclaré qu’il déposerait une question prioritaire de constitutionnalité. Il pointe un déséquilibre des forces en présence : plus d’une dizaine de parties civiles représentées, dont certaines sans réel intérêt à agir selon lui, face à un seul avocat de la défense confronté à une dizaine de confrères et deux procureurs.

Il dénonce un procès à ses yeux structurellement inéquitable.

Me Vincent Brengarth a également dit redouter que l’issue du procès soit déjà déterminée d’avance. Il souligne qu’après une série de plaintes contre sa cliente classées sans suite, tout semblait converger vers une condamnation destinée à l’écarter politiquement.

Un message sur X au cœur des poursuites

L’élue franco-palestinienne, déjà visée par une quinzaine de procédures judiciaires, dont treize classées sans suite, est arrivée au tribunal avec un keffieh sur les épaules. Elle est jugée pour un message publié fin mars sur son compte X.

Dans ce post, supprimé depuis, elle mentionnait le Japonais Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque menée contre l’aéroport de Tel-Aviv en 1972, qui avait fait 26 morts.

Ce message avait été signalé au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis par l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.

Devant ses soutiens, Rima Hassan a appelé « à faire bloc », « pour la démocratie, pour l’État de droit et pour la liberté d’expression ».

Vos questions sur le procès de Rima Hassan

Pourquoi assiste-on au report du procès de Rima Hassan ?

Le tribunal accepte la demande de son avocat. Il estimait ne pas avoir disposé d’un délai suffisant pour examiner les conclusions des parties civiles et préparer sa défense.

Pourquoi la justice poursuit-elle Rima Hassan ?

La justice la poursuit pour apologie du terrorisme. Cela fait suite à la publication d’un message sur X évoquant Kozo Okamoto, l’un des auteurs de l’attaque de l’aéroport de Tel-Aviv en 1972.

À quelles dates se tiendra le procès ?

Le tribunal correctionnel de Paris a fixé le procès aux 19 et 20 octobre.

Que demande la défense ?

L’avocat de Rima Hassan souhaite déposer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Il dénonce un déséquilibre entre l’accusation et la défense ainsi qu’une atteinte aux droits de la défense.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.