Un responsable néo-nazi secouru par deux réfugiés syriens

 Un responsable néo-nazi secouru par deux réfugiés syriens

Une affiche électorale du NPD à Berlin en 2011. JOHN MACDOUGALL / AFP


 


Stefan Jagsch est-il toujours raciste ? Ce responsable du parti néo-nazi allemand NPD, victime d'un accident de voiture, a été secouru ce mardi 22 mars par deux réfugiés syriens qui n'ont pas pris le risque d'attendre l'arrivée des pompiers, comme le rapportent plusieurs médias allemands.


 


Le véhicule de Stefan Jagsch, tête de liste du NPD lors de récentes élections municipales à Altenstadt (à l'ouest de l'Allemagne), est entré en collision frontale avec un arbre juste après avoir quitté la route mercredi dernier, rapporte le quotidien Frankfurter Rundschau en citant un pompier.



Grièvement blessé, il a été dégagé de la carcasse du véhicule et s'est vu prodiguer les premiers soins par deux réfugiés syriens qui circulaient alors par hasard dans deux autocars, a également indiqué un porte-parole des pompiers volontaires de Büdingen, cité par l'agence allemande Dpa.



Le Parti national-démocratique (NPD) est une formation raciste, antisémite et révisionniste qui fait actuellement l'objet d'une procédure d'interdiction en cours d'examen par la justice allemande. Insignifiant au niveau national, le NPD a obtenu ses plus gros scores électoraux dans certaines régions d'ex-RDA.



En janvier, Stefan Jagsch, 29 ans, avait participé à un rassemblement dans sa région au cours duquel plus d'un million de réfugiés, arrivés l'an dernier en Allemagne, avaient notamment été qualifiés de "primates hors-la-loi", selon le journal Frankfurter Rundschau. Des primates qui lui ont peut-être sauvé la vie…


 


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.