Bantunani : « Les jeunes doivent s’emparer de leurs histoires »

 Bantunani : « Les jeunes doivent s’emparer de leurs histoires »

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De la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre) à l’Europe, Bantunani est un nomade. Son chemin a traversé le Maroc pour son album Perspectives. Avec son afrofunk et son style Nu Rumba, il nous transporte dans des mondes féériques et musicaux.

 

Le Courrier de l’Atlas : Comment vous définissez vous ? Africain, européen, membre de la diaspora ?

Bantunani : Je suis un afropolitain, un citoyen africain qui ne voit pas les frontières comme les autres aiment les voir. Je vois l’Afrique comme un tremplin avec des voyages à Bruxelles, Londres, Paris, Kinshasha, Rabat, etc.. En tant que membre de la diaspora, je cherche un peu des racines dans ces bouts d’Europe.

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Le Courrier de l’Atlas : Comment avez vous fait la jonction avec le Maroc ?

Bantunani : Quand je suis venu au Maroc en tant que congolais, je voulais montrer qu’il y avait des cross over. La musique gnawa est une musique africaine. Le Maroc est un hub musical pour le continent. Je me considère comme un artiste engagé.  Mes actions, ma musique et mes paroles sont censées aider la jeunesse ou ceux qui m’écoutent à se porter à la reflexion. Il y a dans la musique beaucoup de réponses parfois que la politique n’offre pas. Il faut que les artistes apprennent à chanter et à regarder autre chose que leur petit nombril pour parler au peuple.

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Bantunani
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Le Courrier de l’Atlas : Pourquoi avoir créé, composé et chanté au Maroc ?

Bantunani : J’avais été invité par la presse à venir pour présenter ma musique à Casablanca et Rabat. J’avais été étonné par les connaissances musicales et par l’accueil du public marocain pour la funk. C’est vrai que l’on aime la funk au Maroc mais je ne pensais pas que c’était à ce point. J’ai eu un accueil tellement profond au Maroc qu’il y a une connexion de l’ordre du vaudou. Je m’étais engagé lors de ce festival de jazz à reconstruire avec des musiciens marocains, des maalems, etc.. Le coronavirus a eu en partie raison de ce projet très ambitieux. Les Marocains sont africains mais ils ont aussi ce regard méditerranéen. L’Europe regarde des fois le Maroc de façon un peu condescendante. L’Africain dorénavant ne va plus en Europe. Les marocains sont un grand hub africain. C’est important de le dire car je l’ai vu.

Le Courrier de l’Atlas : Avec votre chanson Aïcha Qandisha, vous revenez sur une légende marocaine. Pourquoi avez vous voulu raconter cette histoire ?

Bantunani : En France, il y a des histoires de Jeanne d’Arc. Aicha Qandisha pourrait être une Jeanne d’Arc marocaine qui aurait lutté contre les portugais. Je ne sais pas si c’est moi qui suis allé à Aicha Qandisha ou si elle qui m’a trouvé. Mythe ou réalité ? Peu importe. Cette histoire comme d’autres fait partie de celle que nous devons raconter à nos enfants africains. Les jeunes doivent s’emparer de leurs histoires.

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Bantunani perspectives
l’album Bantunani Perspectives

Le Courrier de l’Atlas : Perspectives est un album conscient et touchant. Quelles sont les projets futurs ?

Bantunani : Je devrais sortir un prochain album d’ici à mars 2022. En décembre, un premier single sera disponible. Après un souci au genou, je suis en train de me préparer pour le mois de Mars pour des concerts. La scène, c’est ma vie.

 

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).