Colloque sur la Palestine annulé : le Collège de France condamné

Façade du Collège de France à Paris, dont la décision d’annuler un colloque sur la Palestine a été désavouée par la justice administrative. © LOIC VENANCE / AFP
Hier (15 juillet), le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision concernant l’initiative du Collège de France d’annuler un colloque sur la Palestine. L’établissement a été désavoué.
En bref
- Le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision le 15 juillet.
- La justice juge « disproportionnée » l’annulation du colloque sur la Palestine.
- L’événement devait se tenir les 13 et 14 novembre 2025.
- Le colloque était coorganisé par Henry Laurens et le Carep.
- Le Collège de France invoquait un risque de trouble à l’ordre public.
- Le tribunal souligne une « erreur d’appréciation ».
- L’établissement devra verser 4 000 euros aux requérants.
La décision du Collège de France d’annuler le colloque sur la Palestine était « disproportionnée ». À la suite de l’audience au fond du 1er juillet, le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision hier et a désavoué le célèbre établissement.
Les 13 et 14 novembre 2025 devait se tenir le colloque intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines ».
Coorganisé par le professeur Henry Laurens, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, et le Centre arabe de recherche et d’études politiques de Paris (Carep), l’événement avait été annulé à la dernière minute, le 9 novembre, par l’administrateur du Collège de France, Thomas Römer.
Ce dernier invoquait alors le respect de la « stricte neutralité de l’établissement », ainsi qu’un risque de trouble à l’ordre public.
Réactions et influences
Selon le programme du colloque, les tables rondes devaient explorer des thèmes tels que « le passé colonial » ou encore « les responsabilités de l’Europe, de l’échec d’Oslo à la destruction de Gaza ».
Parmi les intervenants prévus figuraient l’ancien ministre des Affaires étrangères et ancien Premier ministre Dominique de Villepin, ainsi que la rapporteure spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese.
Le Point avait alors dénoncé un événement « antisioniste et décolonial », tandis que la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) le qualifiait de « foire antisioniste ». L’association avait attiré l’attention de Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, sur cet événement.
Peu après, Thomas Römer annonçait l’annulation dans un communiqué publié le 9 novembre. Le même jour, le ministre s’en félicitait sur X : « Défendre la liberté académique, c’est défendre un débat libre, respectueux et pluriel. C’est le message que j’ai porté auprès de l’administrateur du Collège de France au cours des derniers jours (…) La décision du Collège de France d’annuler cet événement, c’est la décision responsable d’une institution qui doit symboliser l’excellence du savoir dans notre pays et, pour cela, être le lieu du débat dans toute sa pluralité, ouvert à tous les courants de pensée, sur tous les sujets. »
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Le tribunal administratif pointe une « erreur d’appréciation »
L’annulation du colloque avait provoqué une levée de boucliers dans le monde universitaire. Une décision « insuffisamment motivée », selon les universitaires et autres intervenants qui avaient saisi la justice.
Lors de l’audience, le rapporteur public était allé dans leur sens en estimant l’annulation « disproportionnée ». Il s’était également étonné qu’aucune disposition n’ait été envisagée face au risque de trouble à l’ordre public : « Étrange défaite que de ne pas avoir mobilisé la police pour sécuriser les abords, filtrer les entrées. »
Le rapporteur avait également insisté sur « le droit des enseignants-chercheurs de tenir des colloques, fussent-ils à rebours de la pensée dominante ».
Le tribunal administratif a condamné le Collège de France à verser 1 000 euros à chaque association ou groupe de requérants, soit 4 000 euros au total.
Vos questions sur le colloque sur la Palestine au Collège de France
Pourquoi le colloque sur la Palestine a-t-il été annulé ?
Le Collège de France avait invoqué sa « stricte neutralité » ainsi qu’un risque de trouble à l’ordre public.
Qui organisait cet événement ?
Le colloque était coorganisé par Henry Laurens et le Centre arabe de recherche et d’études politiques de Paris (Carep).
Que reproche la justice au Collège de France ?
Le tribunal administratif estime que la décision d’annulation était « disproportionnée » et insuffisamment justifiée.
Qui devait intervenir lors du colloque ?
Parmi les invités figuraient Dominique de Villepin et Francesca Albanese.
Quelle est la conséquence de cette décision judiciaire ?
Le Collège de France est condamné à verser 4 000 euros au total aux associations et groupes de requérants.
