Drogues : un usage de plus en plus banalisé chez les jeunes

 Drogues : un usage de plus en plus banalisé chez les jeunes

Bien que concernant l’ensemble de la population, les jeunes ont un rapport plus banalisé avec les drogues. L’enquête d’IFOP pour High Society, permet de comprendre la pénétration du cannabis dans la génération Y et ses problèmes d’addiction même en dehors du coté festif.

Le cannabis n’a plus la même image que par le passé. Dorénavant, il tend à se banaliser, notamment auprès des jeunes. Une étude d’IFOP pour High Society, confirme la forte pénétration de cette drogue dans la génération Y. En effet, près d’un jeune sur deux de 15 à 24 ans a déjà fumé du cannabis !

Avec cette drogue, les jeunes espèrent se décontracter ou être plus performants dans leur vie quotidienne. Néanmoins, plus de la moitié des consommateurs regrette d’avoir pris de la drogue dans diverses circonstances, notamment avant une relation sexuelle.

S’agit il alors d’une génération « bédo » ?

Une situation plus compliquée qu’il n’y parait car il s’agit d’une génération bien informée par les impacts de sensibilisation et de prévention. Les 3 quarts des consommateurs en ont pris connaissance. Cela a même permis à 30% d’entre eux d’arrêter ou diminuer sa consommation. Pour autant, 2 jeunes sur 3 se disent opposés à la légalisation.

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1 jeune sur 2 a déjà pris du cannabis

Le cannabis chez les jeunes est devenu « presque » une chose normale. En 20 ans, la part des jeunes à en avoir pris a doublé. La facilité à se procurer ce produit pourtant interdit explique sans doute cette proportion de passages à l’acte. Toutefois, le cannabis n’est pas la drogue la plus consommée par les 15-24 ans. 8 jeunes sur 10 boivent de l’alcool (+2 points depuis 2001) et 6 d’entre eux fument des cigarettes. Les autres drogues (ecstasy, LSD, cocaïne, héroïne) ne dépassent pas les 10% de consommateurs mais les chiffres progressent fortement (près de 8 points en plus depuis 2001). Autre phénomène inquiétant : la part importante d’inhalation de protoxyde d’azote, appelé gaz hilarant. 1 jeune sur 10 en a déjà pris.

Pour se fournir, les jeunes se réfèrent à des cercles d’amis (48%), suivi des camarades d’études (35%) et enfin de leur dealer connu (31%). Seulement un sur 4 ose s’aventurer auprès d’un dealer qu’il ne connaît pas. La consommation par l’entrée illégale de l’étranger ou par internet atteint respectivement 17% et 12% des consommateurs.

Chez des amis, à une fête,…

Dans l’esprit des jeunes, la fumette est liée à un caractère festif. On la consomme chez des amis (88%) ou à une fête (85%). 39% des jeunes fument seuls et 23% avant de conduire une voiture ou un deux-roues. Près de 20% des jeunes consomment au travail et 16% avant un entretien d’embauche.

Pris pour détendre (34%), pour son coté aphrodisiaque (27%) ou pour être plus performant (15%), près de 40% en ont déjà pris avant un rapport sexuel. Un phénomène qui touche plus les femmes (45%) que les hommes (35%). Pour autant, 43% ont vu leur libido affectée et un tiers dit regretter sa consommation avant le rapport. Le caractère désinhibant fait augmenter pour eux les risques de violences, baisse de vigilance face aux MST ou une possible accoutumance.

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Une prévention à renforcer

L’information concernant la drogue parvient aux usagers pour 75% d’entre eux. 1 consommateur sur 4 déclare même qu’une campagne de prévention a eu impact sur sa consommation. La moitié des jeunes indique pourtant que ces campagnes n’ont pas eu d’influence sur leurs pratiques. D’ailleurs, 62% de jeunes ayant consommé de la drogue, ne se sentent nullement dépendants et s’estiment moins concernés par le message des pouvoirs publics.

De là à vouloir la légalisation, il y a un pas que ne franchit pas la jeunesse. Près des deux tiers déclarent ne pas vouloir que le prochain président de la République se lance dans cette voie. Les chiffres les plus hauts contre la légalisation, se retrouvent chez LR (81% d’opposition). Chez EELV et la France Insoumise, les deux candidats sont favorables à la légalisation. Pourtant, les jeunes ne suivent pas pour autant leurs chefs. 27% des jeunes insoumis et 48% chez EELV y sont favorables.

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Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.