Procès discrimination raciale: France télévisions “envisage de négocier”

 Procès discrimination raciale:  France télévisions “envisage de négocier”


Trente minutes et puis s'en vont. L'audience, ce jeudi 1er juin devant la 31 ème chambre du tribunal correctionnel de Paris, a été expéditive. France télévisions est accusée de "discrimination, d'harcèlement et d'abus de CDD" à l'encontre de trois journalistes d'origine maghrébine, Wafa Dahman (voir vidéo), Mustapha T. (ce dernier souhaite garder l'anonymat) et Djamel Mouaki.

 


Le premier à s'avancer à la barre est Djamel Mouaki. Il a obtenu aux prud'hommes la requalification de ces nombreux CDD en un CDI à temps partiel, à 70%. Il aimerait avoir les 30% restants.


Son avocat Maitre Roumier (le même pour les trois plaignants) demande le renvoi. La présidente s'interroge. "Des négociations sont en cours entre les parties. Nous espérons que les discussions vont aboutir", explique l'avocat. Le juge demande si la partie adverse accepte le renvoi. "Oui, elle est d'accord." 


Même cas de figure pour Mustapha T. Lui a obtenu aux prud'hommes un CDI à temps partiel, à 50%. Il lui manque les autres 50%. Les deux parties sont d'accord pour le renvoi.


La présidente s'énerve. "Le tribunal avait pourtant bloqué six heures pour juger ces trois affaires", précise t-elle d'un ton excédé. "Nous ne sommes pas à votre disposition. On aurait pu juger d'autres histoires", renchérit de son côté la procureure générale. "J'ai passé tout le week-end sur votre dossier", rappelle-t-elle.


Les choses semblent être plus compliquées pour Wafa Dahman. "Je constate que la direction de France télévisions discute avec les deux autres journalistes mais moi, elle m'ignore complètement. Pourtant, cela fait deux ans que mon avocat leur envoie des courriers", dénonce la journaliste.



"Comme pour les deux autres journalistes, nous envisageons avec Melle Dahman de négocier", lâche l'un des avocats de France télévisions. 



"Je suis surprise, je ne m'attendais pas à ce que France télévisions accepte, après tout ce silence de négocier", commente à l'issue de l'audience, Wafa Dahman. "Je reste néanmoins perplexe. J'attends de voir ce qu'ils mettront dans la négociation", conclut la jeune femme.


Trente minutes où le tribunal n'a pas jugé sur le fond de l'affaire. Ces trois journalistes ont porté plainte pour avoir subi des pratiques discriminatoires de la part de France télévisions.


La présidente donne rendez-vous aux deux parties le 12 octobre à 13h30 pour une audience de fixation. "D'ici là, on aura peut-être trouvé un arrangement", lâche Maître Roumier, l'avocat des plaignants.


Nadir Dendoune


Nadir Dendoune

Nadir Dendoune