Les frappes israéliennes sur Gaza pourraient constituer des crimes de guerre, selon l’ONU

 Les frappes israéliennes sur Gaza pourraient constituer des crimes de guerre, selon l’ONU

La Haute-Commissaire de l’ONU, Michelle Bachelet, prononçant son discours à distance, à l’occasion l’ouverture d’une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, à Genève le 27 mai 2021. Fabrice COFFRINI / AFP

Les frappes israéliennes sur la bande de Gaza pourraient constituer des crimes de guerre, a affirmé jeudi 27 mai Michelle Bachelet, la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, en soulignant qu’elle n’avait pas reçu de preuve que des bâtiments visés étaient utilisés à des fins militaires.

 

« S’il s’avère que l’impact sur les civils et les objets civils est indiscriminé et disproportionné, cette attaque peut constituer un crime de guerre », a déclaré Michelle Bachelet à l’ouverture d’une réunion extraordinaire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Le 10 mai dernier, Israël a commencé son offensive militaire sur Gaza, la 4e depuis 2008, causant la mort à 254 Palestiniens, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales.

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En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts parmi lesquels un enfant, une adolescente et un soldat. « Il ne fait aucun doute qu’Israël a le droit de défendre ses citoyens et ses résidents. Cependant, les Palestiniens ont aussi des droits. Les mêmes droits », a insisté Mme Bachelet.

Elle a souligné que les tirs de roquettes lancés par le Hamas « sont aveugles et ne font pas de distinction entre les objets militaires et civils, et leur utilisation constitue donc une violation manifeste du droit humanitaire international ».

Quant aux frappes aériennes israéliennes sur Gaza, a-t-elle dit, elles ont fait « de nombreux morts et blessés parmi les civils, et engendré des destructions et des dommages à grande échelle sur des biens civils ».

Il s’agit notamment de « bâtiments gouvernementaux, de maisons et immeubles résidentiels, d’organisations humanitaires internationales, d’installations médicales, de bureaux de médias et de routes permettant aux civils d’accéder à des services essentiels tels que les hôpitaux », a-t-elle poursuivi.

« Malgré les affirmations d’Israël selon lesquelles nombre de ces bâtiments accueillaient des groupes armés ou étaient utilisés à des fins militaires, nous n’avons pas vu de preuves à cet égard », a relevé la Haute-Commissaire.

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La haute responsable onusienne a également fait remarquer que le fait d’implanter des moyens militaires dans des zones civiles densément peuplées ou de lancer des attaques à partir de celles-ci constitue une violation du droit humanitaire international.

Enfin, elle a demandé aux autorités israéliennes « de mettre immédiatement un terme au processus d’expulsions » de familles palestiniennes, « conformément aux obligations d’Israël en vertu du droit international ».

Des mots forts, une condamnation nécessaire de la part de l’ONU, mais qui ne sera malheureusement pas suivie d’actes.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.