Mohamed Boutjdir : “On travaille au 1er respirateur 100% marocain”

 Mohamed Boutjdir : “On travaille au 1er respirateur 100% marocain”

Archives personnelles de Mohamed Boutjdir

Mohamed Boutjdir, directeur du département de recherche cardiovasculaire et professeur à l’université de New York s’est installé aux Etats-Unis en 1989. Il œuvre activement pour le Royaume à travers le réseau des compétences marocaines outre-Atlantique.

Quel a été votre cheminement de Tafraout, au sud-est d’Agadir, jusqu’à New York ?

Mohamed Boutjdir : Mes parents se sont installés dans la région de Kénitra où j’ai fait mes études. Ensuite je suis allé faire mon doctorat à Paris que j’ai terminé en 1987. L’acclimatation n’a pas été très difficile, déjà grâce à la langue, j’avais fait toutes mes études en français et j’avais un peu de famille dans la région. Pour mes études post-doctorales aux Etats-Unis ça a été bien plus compliqué, un vrai choc culturel. Il y avait de nombreux programmes gratuits pour les étrangers qui voulaient apprendre la langue donc j’étudiais l’anglais le soir. A ce moment-là, je comptais rester deux ans avant de rentrer au Maroc ou en France.

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Et finalement, vous travaillez toujours au même endroit, dans la recherche cardiovasculaire…

Mohamed Boutjdir : Oui je suis dans la même institution, le département de biologie cellulaire de l’université de New York, depuis trente et un ans. Très vite, j’ai compris que les Etats-Unis étaient le meilleur endroit pour les études cardiovasculaires. J’ai beaucoup travaillé pour devenir directeur du département de recherches. Il faut être au courant de tout ce qui se fait, toutes les approches thérapeutiques. On doit être en mesure de synthétiser afin d’utiliser les données mais aussi se montrer stratégique. Se fixer un objectif pour quatre ou cinq ans et s’y tenir. Très important aussi, la sociabilité. Il faut réussir à créer ce lien intime avec les collègues, facteur essentiel dans l’évolution de carrière. Créer une affinité qui se transforme en respect, les gens doivent se sentir appréciés.

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Vous êtes également très engagé au ­Maroc en tant que président du réseau des compétences marocaines aux Etats-Unis. Quelles sont vos actions ?

Mohamed Boutjdir : Le réseau a été fondé en 2012 et sa mission est de contribuer au développement socio-économique du Maroc. On mobilise les compétences marocaines vivant aux Etats-Unis. Dès l’émergence des cas de Covid-19, on a entrepris de construire le premier respirateur artificiel 100 % marocain. On a créé des vidéos pour sensibiliser la population marocaine pour informer et conseiller. On a travaillé avec l’université Mohammed-VI pour développer un test rapide, réalisable sur place. Nous avons également créé une cellule sur la santé mentale, pour aider les Marocains bloqués aux Etats-Unis, ou pour soutenir les étudiants qui ne pouvaient pas payer leur loyer. Cet engagement, que je consolide jour après jour, m’a valu d’être distingué chevalier d’honneur par sa majesté Mohammed-VI.

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Jonathan Ardines