Dossier du Courrier.Coupe du Monde, la politique en avant-centre

Le Rostov Arena, au sud ouest de la Russie, recevra près de 45 000 spectateurs cet été. (Crédit photo : Vitaliy Timikiv/Sputnilz/AFP)

MAGAZINE DECEMBRE 2017

La Russie va accueillir cet été la 21Coupe du monde de football. Plus qu’une compétition sportive, cet événement populaire est un symbole dont raffolent les politiques. 

“Le football est une langue universelle, déclarait en 2006 Kofi Annan, à l’époque secrétaire général des Nations unies, à l’occasion de la Coupe du monde en Allemagne. Il peut contribuer au bien-être de communautés et de pays entiers.” A travers ce prisme, obtenir l’organisation du Mondial est une aubaine pour la politique. Une opportunité d’influence nationale et même internationale et un phénomène loin d’être nouveau.

Un ancien outil des dictatures

Dès 1934, la 2e édition de la Coupe du monde pose ses valises dans l’Italie fasciste de Mussolini. Le Duce saisit l’aubaine au profit de sa propagande. Il compte sur ses “soldats de la cause nationale” pour triompher. Pour le fraîchement nommé président de la Fédération italienne de football, Giorgio Vaccaro, “le but ultime de la manifestation sera de montrer à l’univers ce qu’est l’idéal fasciste du sport”. Toujours dans l’esprit de légitimer son pouvoir, le dictateur argentin Jorge Rafael Videla souhaite démontrer, deux ans après le coup d’Etat militaire du 24 mars 1976, une image solide et séduisante de l’Argentine. Pourtant, dans les rues du pays, des massacres ont lieu parmi la population civile. Un contexte sanglant qui n’a pas empêché la tenue de l’événement planétaire.

Alors que les deux prochaines compétitions se dérouleront en Russie et au Qatar (2018 et 2022), “le lien entre la politique et le sport est devenu plus intense, constate Marion Fontaine, maître de conférence en histoire contemporaine à l’université d’Avignon (84), spécialisée dans la politique des loisirs sportifs. Aujourd’hui, le foot a atteint une puissance économique et médiatique qu’il n’avait pas auparavant”. Ce qui attire évidemment une sphère politique toujours en demande de renforcer son image. “Quand vous choisissez le Qatar ou la Russie, vous ne pouvez pas dire que vous ne faites pas de la politique, analyse-t-elle. Soit vous mentez, soit vous êtes inconscient.” Car la Fifa (Fédération internationale de football association) ne cache pas l’importance de deux facteurs décisifs dans ses choix : la stabilité politique et économique. Deux données qui correspondent bien aux deux puissances sélectionnées, riches en hydrocarbure... “Il est dommage que le sport et la démocratie passent au second plan”, déplore encore Marion Fontaine.

Une enveloppe de 200 milliards d’euros pour le Qatar

En effet, Russes et Qataris ne lésinent pas pour masquer les quelques taches qui pourraient noircir leur tableau. Selon diverses estimations, pour le Mondial 2018, la Russie a posé entre 10 et 21 milliards d’euros sur la table. Le Qatar, lui, téléporte son budget dans une autre dimension. Dans un pays où les stades devaient encore sortir de terre (!), l’enveloppe est comprise entre 146 et 200 milliards d’euros. 

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