Flottille pour Gaza : des militants maltraités, la France critiquée pour sa réaction tardive

Flash mob « In the same boat » en soutien aux militants de la Global Sumud Flotilla, protestant contre leur détention et leur traitement par Israël. © Piero CRUCIATTI / AFP
Deux syndicats d’avocats estiment que la réaction de la France a été « tardive » suite à l’arraisonnement de la Flottille pour Gaza et à l’arrestation de plusieurs militants français.
Le 18 mai dernier, une cinquantaine de bateaux de la Flottille pour Gaza ont été arraisonnés par Israël dans les eaux internationales.
Pendant quatre jours, plus de 400 militants de cette mission à l’initiative de la société civile, visant à briser le blocus de Gaza et à apporter de l’aide humanitaire aux Palestiniens, ont été détenus illégalement.
Ces derniers ont rapporté des humiliations, des privations de sommeil, des coups répétés ou encore des attouchements et agressions sexuelles, commis par les autorités israéliennes.
Parmi les militants se trouvait notamment Me Alima Boumediene-Thiéry, avocate au barreau du Val-d’Oise et membre de l’ADDE (Avocats pour la défense des droits des étrangers).
Dans un communiqué (29 mai), le SAF (Syndicat des avocats de France) et l’ADDE ont exprimé « leur indignation » face aux violences subies par leur consœur, par tous les militants, mais surtout « l’absence de réaction rapide de la France face à ces agissements, qui auraient dû se traduire par une protection consulaire digne de ce nom ».
« Welcome to Israël »
Dans une vidéo intitulée « Welcome to Israël », qu’il a publiée le 20 mai sur X, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, s’est vanté du traitement infligé aux militants de la Flottille pour Gaza.
Après avoir dénoncé des agissements « inadmissibles » de la part du ministre israélien, le jour de la diffusion de la vidéo, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, annonçait le 23 mai qu’Itamar Ben Gvir était officiellement interdit d’accès au territoire français.
« Cette décision fait suite à ses agissements inqualifiables à l’égard de citoyens français et européens passagers de la flottille Global Smud (…) nous ne pouvons tolérer que des ressortissants français puissent être ainsi menacés, intimidés ou brutalisés », déclarait alors le chef de la diplomatie française sur X.
« Casser le silence »
Quelques jours avant l’arraisonnement de la flottille, le 14 mai, l’Union juive française pour la paix (UJFP) relayait un message d’Alima Boumediene-Thiéry dans lequel elle assurait que « peut-être que le 18 mai nous serons enfin à Gaza, mais si nous sommes interpellés, nous recommencerons ».
Après l’expédition stoppée en octobre dernier par les autorités israéliennes, cette nouvelle flottille a connu le même sort. Cependant, les militants restent déterminés à briser le silence autour de ce qu’il se passe à Gaza.
« Nous voulons non seulement casser ce blocus mais aussi casser le silence de la communauté internationale pour rappeler que le peuple palestinien a le droit à sa liberté », assurait l’avocate et ex-sénatrice écologiste dans sa vidéo.
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