« La Première Plantation », ou « l’esprit colonial à la cool », bientôt débaptisé

 « La Première Plantation », ou « l’esprit colonial à la cool », bientôt débaptisé

Capture d’écran / Facebook


6 000 signatures sur une pétition et des milliers de tweets. Voilà ce qui aura permis de résonner aux oreilles des deux propriétaires d’un bar lyonnais nommé « La Première Plantation » qui prônent un « esprit colonial à la cool ».


Il a fallu quelques jours seulement pour faire pression sur les propriétaires de ce bar lyonnais pour qu’ils envisagent plus que sérieusement de changer le nom du lieu ouvert depuis à peine un mois. « La Première Plantation » ne devrait bientôt plus s’appeler ainsi.


Lors d’une interview accordée à un journal local le 12 septembre dernier, l’un des patrons déclarait : « La Première Plantation, est une référence aux plantations de canne à sucre (le rhum en est issu) dans les colonies françaises. Je cherche à retranscrire l'esprit colonial, un esprit à la cool, une époque où l'on savait recevoir […] une période sympathique [où] il y avait du travail ».


Peser dans la balance


Un « esprit à la cool » qui aura choqué bon nombre d’internautes qui se sont offusqués sur les réseaux sociaux mais également et surtout par l’intermédiaire d’une pétition sur le site change.org.


C’est d’ailleurs ce qui a probablement pesé dans la balance et fait qu’aujourd’hui, après un week-end plus qu’agité sur la toile, les propriétaires de ce bar envisagent donc de changer le nom de leur bar.


Histoire douloureuse de siècles d’opposition


C’est le Collectif Des Raciné.e.s, basé à Lyon, qui est à l’initiative de la pétition lancée sur internet. Une pétition intitulée « La Première Plantation : Non à l'apologie de l'esclavagisme à Lyon ! » et qui a recueilli plus de 6 000 signatures.


Dans le texte de présentation, le collectif explique : « nous affirmons que le modèle d’affaires d’une entreprise qui s’attribue gratuitement, à des fins promotionnelles et décoratives, l’histoire douloureuse de siècles d’oppression, d’exploitation, de sévices et d’humiliations est inacceptable ».


Le collectif a été rejoint notamment par le Cran, le Conseil représentatif des associations noires, qui dénonce des « propos odieux ». Des excuses ont depuis été formulées par les deux patrons du bar, qui ont donc annoncé changer le nom de leur lieu ainsi que le logo.


Chloé Juhel


Pour signer la pétition : cliquer ici

Chloe Juhel

Chloe Juhel