Frichti : les livreurs sans-papiers demandent leur régularisation

 Frichti : les livreurs sans-papiers demandent leur régularisation

Manifestation de travailleurs sans-papiers de Frichti pour demander leur régularisation. FRANCOIS GUILLOT / AFP

L’entreprise a mis fin à sa collaboration avec les travailleurs sans-papiers. Ils ont décidé de ne pas se laisser faire et se mobilisent chaque jour, depuis lors.

« Frichti, le premier supermarché qui n’a rien à cacher ». Le slogan de l’entreprise de livraison de repas n’a jamais aussi mal résonné.

Depuis une semaine maintenant, une centaine de travailleurs sans-papiers, qui ont été remerciés par Frichti, demandent la reprise de leur travail et à se faire régulariser.

Le 8 juin dernier, la société leur a envoyé un mail pour leur demander de fournir, à chaque retrait des repas qui doivent être livrés, « un passeport d’un État de l’Espace économique européen, une carte nationale d’identité ou un titre de séjour ».

Ils travaillaient, illégalement donc, pour Frichti. Depuis plusieurs années, pour certains d’entre eux.

Proportion très réduite

Ils ont aussitôt manifesté, le 8 juin, dès la réception du mail en question. Et depuis, ils sont une vingtaine à se retrouver chaque jour dans les « hubs » parisiens de la startup. C’est-à-dire les points de retrait des repas à livrer aux clients.

Dans un communiqué, Frichti déclare « que certains partenaires n’étaient plus en capacité de présenter une situation régulière ». Situation que la startup dit avoir découvert à l’occasion d’un contrôle réalisé début juin. La direction de l’entreprise affirme que « ces cas portent sur une proportion très réduite des auto-entrepreneurs (…). La très grande majorité d’entre eux présentant une situation conforme à la loi ».

Ce que démentent les principaux concernés qui estimaient être entre 300 et 500 travailleurs irréguliers. Selon les syndicats, ils pourraient se baser sur une décision de la Cour de cassation de mars dernier, pour demander leur régularisation. Cet arrêt dispose que le statut de travailleur indépendant d’un chauffeur Uber est « fictif ». Il valide donc sa requalification en contrat de travail.

>> Lire aussi : Victoire pour les sans-papiers mobilisés de Chronopost

Chloé Juhel

Chloé Juhel