Samah Mustapha : « La musique palestinienne est une arme »

 Samah Mustapha : « La musique palestinienne est une arme »

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La chanteuse et DJ Palestienne, Samah Mustapha a enchanté le festival Arabesques où elle s’est produit. Entre musique électronique, voix douce et paroles prégnantes, on retiendra l’émotion qui est ressorti d’un spectacle idéal. Elle nous a accordé une interview où elle revient sur la difficulté d’être une artiste sous occupation.

Le Courrier de l’Atlas : Comment arrivez vous à exprimer votre musique en Palestine ?

Samah Mustapha : La musique actuelle est en train d’évoluer ces dernières années. Elle est plus dans la tendance. Ce n’est pas facile pour une femme d’être une artiste ou une chanteuse dans cette société. J’utilise la musique comme remède car je suis musicothérapeute. Je pense que c’est difficile autant en Palestine qu’au Moyen Orient. Je viens d’une famille qui m’a soutenu. Même si je viens d’une société conservatrice, on m’a toujours soutenu car c’est mon rêve d’enfance.

Le Courrier de l’Atlas : La musique était-elle une tradition familiale ?

Samah Mustapha : Mon père jouait du violon en amateur et sa voix était belle. L’appréciation de la musique est une chose importante dans ma famille. Je suis celle qui a franchi le pas de la musique et j’en ai fait mon métier et un univers que je veux approfondir…

Le Courrier de l’Atlas : Comment arrivez vous à exprimer votre musique en Palestine ?

Samah Mustapha : La musique c’est l’espoir. Comme toute société opprimée qui vit sous un régime d’occupation, je pense que c’est important de s’exprimer sur ce qu’il vit, et surtout avec des mots. La musique est une arme pour moi et je pense que c’est la même chose pour de nombreuses personnes qui se posent ces mêmes questions. La musique est un espoir, une arme. Elle a une force en elle qui nous sécurise.

Le Courrier de l’Atlas : Comment voyez-vous l’évolution de la musique arabe ?

Samah Mustapha : Je vois que ces dernières années, il y a beaucoup de nouveautés qui créent de l’espoir. Il y a une grande diversité. Nous avons appris la musique avec la musique arabe et des chansons classiques que l’on retrouve encore aujourd’hui. C’est important de trouver ce style classique dans la musique arabe mais il y a une demande plus importante pour de la musique électronique. C’est très encourageant. Ca montre le raffinement de la musique. L’auditeur n’a pas seulement besoin de prendre les paroles au pied de la lettre. Il peut vivre la musique intérieurement. En tant que peuple, nous pouvons apprécier ce genre de musique et ça donne de l’espoir.

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Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).