Education 93: « Nous sommes arrivés au point de saturation »

 Education 93: « Nous sommes arrivés au point de saturation »

Manifestation des enseignants des établissements scolaires du 93


A la veille d'une grande manifestation nationale, les établissements scolaires de Seine-Saint-Denis restent mobilisés. Désireux d'obtenir les moyens requis pour l'éducation prioritaire, plusieurs écoles se rapprochent pour coordonner leurs actions.


Fatigue


Au collège Pablo Neruda de Pierrefitte-sur-Seine, peu avant les vacances de Noël, les enseignants, soutenus par les parents d'élèves, se mettaient en grève et bloquaient l'établissement. Dans le but d'obtenir un conseiller principal d'éducation (CPE) supplémentaire, condition vitale pour la vie du collège en proie à la dégradation du climat scolaire depuis deux ans (Bagarres, incivilités, harcèlement).


Aujourd'hui les grèves et blocages ont cessé, mais pas la volonté d'obtenir des moyens : « Nous avons repris le travail parce que nous fatiguions aussi un petit peu. Entre temps nous avions juste obtenu la formation des assistants d'éducation. Et un poste de surveillant en plus. Mais c'est juste une promesse. Ca fait un mois et nous n'avons rien vu. Et surtout c'est un poste provisoire censé durer jusqu'à la fin de l'année » explique Camille Moro, enseignante en histoire-géographie.


Les mêmes problèmes


« La reprise du travail a été très difficile parce que tout ce que nous avions pointé du doigt pendant notre mobilisation (violences, problèmes de civisme, surcharge de travail…), nous l'avons encore plus fortement en revenant » confie l'enseignante.


Face au mutisme du rectorat, jeudi dernier (1er février) les enseignants du collège Pablo Neruda ont rencontré plusieurs écoles de Pierrefitte : « C'était un premier contact. Nous demandons un passage en REP+ (réseau collège ainsi que réseau avoisinant). Mercredi (7 février) nous allons manifester devant le rectorat, à Créteil, pour être reçus ».


L'union fait la force, c'est pourquoi le collège Pablo Neruda tisse des liens avec des établissements de tous le département dont le collège Suger (Saint-Denis), qui a connu les mêmes problèmes de violences et de sous-effectifs.


Saturation


Les soutiens, en dehors des parents d'élèves, se font rare. C'est pourquoi l'intervention, et l'aide, du député Stéphane Peu (député GDR de la 2ème circonscription de Seine-Saint-Denis), pour obtenir un poste d'assistant d'éducation (AED) supplémentaire, a été très précieuse. Mais ce n'est pas suffisant.


La récente annonce de la baisse des dotations horaires (DHG) des collèges pour la rentrée 2018, est venue renforcer la détermination des enseignants a, enfin, obtenir des conditions d'éducation normales pour les enfants de Seine-Saint-Denis.


Lors d'une réunion avec plusieurs établissements du département, le constat a été clair selon Camille Moro : « nous avons fait le constat que les mêmes problèmes se répètent et que la tension monte de plus en plus. Les DHG n'arrangent rien. La violence sociale que subissent les élèves est répercutée sur nous, donc nos conditions de travail s'en retrouvent compliquées. Nous sommes arrivés au point de saturation ».


Charly Célinain


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