Emmanuel Macron sur Al Jazeera : les principaux points de l’entretien

 Emmanuel Macron sur Al Jazeera : les principaux points de l’entretien

Emmanuel Macron lors de son entretien samedi 31 octobre avec le responsable du bureau d’Al Jazeera à Paris, Ayach Derraji.

Emmanuel Macron s’est entretenu samedi 31 octobre avec le responsable du bureau d’Al Jazeera à Paris, Ayach Derraji. Cette interview intervient dans le contexte du boycott des produits français et des manifestations contre le président français qui sévissent dans certains pays musulmans, suite à ses propos affirmant ne pas vouloir renoncer aux caricatures du prophète Mohammed.

“Je comprends et respecte que l’on puisse être choqué par ces caricatures”, a déclaré le chef d’Etat français. Il a par ailleurs tenu à préciser que sa volonté de ne pas renoncer aux caricatures du prophète de l’islam, lors de l’hommage national à Samuel Paty dans l’enceinte de la Sorbonne, est sortie de son contexte et ses propos ont été déformés : “Il y a eu dans des traductions qui ont été faites par beaucoup de médias dans le monde arabe, un mensonge. On m’a fait dire je soutiens les caricatures humiliant le prophète. Je n’ai jamais dit ça. J’ai dit que je protégeais ce droit, parce que c’est mon rôle”.

Le président de la République française est également revenu sur ses propos lorsqu’il avait déclaré : “L’islam est en crise dans le monde entier” lors de son discours sur le “séparatisme islamiste” dans les Mureaux le 2 octobre 2020. Une phrase qui avait fait beaucoup de bruit.

Les principaux messages d’Emmanuel Macron retransmis sur Al Jazeera  : 

  • La France est attachée à la liberté du culte
  • La laïcité à la française n’a aucune sensibilité spécifique à l’égard de l’islam
  • La laïcité garantit la liberté des pratiques religieuses mais aussi de ne pas croire
  • La laïcité sépare l’Etat de l’Eglise. L’Etat est neutre et ne s’occupe pas de religion
  • La République ne stigmatise pas les musulmans de France
  • La question du séparatisme ne cible pas une communauté, ou les musulmans
  • Ce n’est pas la religion musulmane qui est en crise mais ce sont certaines pratiques islamiques radicales qui posent problèmes. Et le terrorisme touche plus de 80% les musulmans eux-mêmes
  • Il faut combattre les idéologies extrémistes qui mènent au terrorisme
  • La République doit garantir la liberté qui est une expression du peuple français. Pour le cas des caricatures, Emmanuel Macron précise que ce n’est pas lui qui décide, ni approuve la publication de ces caricatures, mais ce sont les médias qui exercent en toute indépendance leur métier. Ces caricatures concernent toutes les religions et tous les dirigeants 
  • Beaucoup de pays ont renoncé ces dernières années à la liberté d’expression à cause des polémiques, la peur et le chaos des réactions
  • La campagne de boycott contre les produits français est indigne et condamnable
  • Le silence des dirigeants politiques des pays musulmans est une forme de soutien indirect à ces postures hostiles vis-à-vis de la France 
  • Le projet de loi sur le séparatisme vise à contrer les personnes extrémistes nocives, radicalisées, et qui agissent au nom de l’islam sur le sol français : leur interdire de déscolariser les enfants de la République, empêcher les financements qui alimentent les activités terroristes, s’assurer que toute personne quelque soit son culte, respecte les lois de la République. Cette initiative vise à séparer ces groupes radicalisés et violents du reste des citoyens français de confession musulmane
  • La France n’a pas de problème avec l’islam. Le Coran a été traduit la première fois en Europe, par une université française
  • Les musulmans du monde doivent se mobiliser pour combattre l’idéologie de la mort, nourrie par des prédicateurs radicalisés qui déforment la religion pour justifier les crimes
  • Plus d’engagement collectif pour une meilleure réintégration par des politiques publiques ad-hoc : politique du logement, la formation, l’emploi. La jeunesse doit retrouver le rêve républicain dans les quartiers périphériques. 
  • Il faut établir un dialogue permanent pour bâtir nos lois et réduire les incompréhensions
  • Il faut renforcer la connaissance mutuelle et la raison autour des civilisations. Car ce qui nourrit la peur, c’est l’incompréhension et ce qui nourrit la haine, c’est l’ignorance. 

>> Voir aussi : Leïla Shahid : “Nous payons le prix de questions politiques, pas religieuses”

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Malika El Kettani