Le ministre de la Santé marocain s’est dit favorable à l’avortement

 Le ministre de la Santé marocain s’est dit favorable à l’avortement

Le 8 mars


 


Le débat sur l’avortement au Maroc a franchi une étape avec la prise de position du ministre de la Santé en faveur de la libéralisation de l’avortement. La femme « devrait disposer de son corps », explique El Hossein Louardi, dans un entretien à l’hebdomadaire "Tel Quel" paru le vendredi 8 mai.


 


Le fléau que constituent les centaines d’avortements clandestins pratiqués chaque jour au Maroc a ressurgi dans l’actualité en début d’année, entraînant un profond débat dans l’opinion.



Le roi Mohammed VI doit prochainement étudier les propositions émises à sa demande par les ministères de la Justice et des Affaires islamiques ainsi que par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).



« Je suis médecin et citoyen avant tout. Pour moi, la femme devrait disposer de son corps », estime le ministre de la Santé « il faut absolument légaliser l’avortement, car ce n’est pas uniquement une question médicale mais également sociale ».



En guise d’argumentaire, M. Louardi évoque le cas d’une « femme démunie » tombant « enceinte d’un enfant dont elle n’a pas les moyens de s’occuper ». « Comment va-t-elle s’en sortir ? Elle doit avoir le droit de décider », avance-t-il.



Réagissant en mars à des sanctions prises contre une figure de proue de la lutte contre l’avortement clandestin pour sa participation controversée à un reportage d’une chaîne française, le ministre s’était dit « très favorable » à l’ouverture d’un débat. Intervenant lors d’un débat national organisé à Rabat, il avait par la suite indiqué défendre « fermement la révision urgente de la loi sur l’avortement dans au moins trois cas : l’inceste, le viol et les malformations fœtales ». 


Dans un pays de 34 millions d’habitants, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est actuellement passible d’un à cinq ans de prison ferme. Bien qu’aucun chiffre officiel n’existe, des associations estiment qu’entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses. 


Dans le même temps, les grossesses non désirées renforcent le phénomène des « mères célibataires » et l’abandon d’enfants jusqu’à 150 par jour affirment des ONG


Avec Afp


Nadir Dendoune

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.