Strasbourg : Un homme de 21 ans frappé par un policier au commissariat

 Strasbourg : Un homme de 21 ans frappé par un policier au commissariat

DENIS CHARLET / AFP

C’est une vidéo qui a permis de prouver que le policier mentait. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie mercredi 3 juin par le parquet de Strasbourg. Une enquête a été ouverte « du chef de violences commises par un dépositaire de l’autorité publique », a indiqué le parquet ce jeudi, confirmant une information des Dernières Nouvelles d’Alsace.

Cette enquête porte sur des violences policières qui auraient eu lieu dans la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 mai dans la capitale alsacienne, Strasbourg, à la suite de l’interpellation d’un homme pour un prétendu vol de vélo. Ces actes ont été mis au jour grâce aux enregistrements des caméras de vidéosurveillance de l’hôtel de police. Leur visionnage a été demandé mardi par l’avocate du prévenu, un homme âgé de 21 ans d’origine guinéenne. Il était alors en pleine audience de comparution immédiate.

« Sur cette vidéo, on voit très bien mon client être démenotté puis violemment frappé au niveau de la tempe par un policier. Puis il le pousse violemment contre une porte avant que ses collègues n’interviennent », a assuré à nos confrères de 20 Minutes Maître Kaoutare Choukour.

« Qu’a fait mon client ? Rien, il a juste levé son coude pour se défendre. On le voit marcher au ralenti, d’un calme olympien. Il n’était pas du tout agressif comme j’avais pu lire dans le procès-verbal. »

Dans celui-ci, on peut lire qu’un fonctionnaire se serait luxé l’épaule à forcer de tenter de maîtriser le prévenu. « Oui, le médecin a bien constaté sa luxation mais ce n’est pas dû à l’agressivité de mon client. C’est plutôt en le frappant », accuse l’avocate qui affirme également que « le médecin a constaté les blessures à la tête de mon client et elles sont conformes à la version qu’il défend depuis le début. »

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C’est face à l’opposition des déclarations que Maître Kaoutare Choukour avait demandé en pleine audience le visionnage de l’extrait de vidéosurveillance. « C’est très rare qu’on les voit et c’est peut-être pour ça que le policier qui a commis ces actes croyait s’en tirer », estime-t-elle, satisfaite de son petit effet. « Après avoir vu ça, il y a eu des cris dans la salle. »

Le prévenu a aussi été acquitté dans la foulée. Mais il serait toujours détenu à la maison d’arrêt de l’Elsau à Strasbourg. « Il devait récupérer ses affaires, mais une autre décision de justice qui date de 2018 a fait sauter sa peine aménageable de trois mois de prison. C’est ce qu’il se passe quand on évoque des violences policières. C’est scandaleux », accuse l’avocate, qui ne compte pas en rester là.

Les investigations de l’IGPN viseront, elles, trois fonctionnaires. L’auteur présumé des coups, la policière qui l’accompagnait et a témoigné en sa faveur ainsi que leur collègue qui a rédigé le procès-verbal.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.