Esprit critique : Pas de rupture entre les Français et les sciences

 Esprit critique : Pas de rupture entre les Français et les sciences

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Universcience a mené pour la seconde fois son baromètre de l’esprit critique. Des résultats qui indiquent un lien fort des Français avec la science mais aussi des disparités générationnelles, socio-économiques et de genre.

81% des Français estiment que les sciences font partie de la culture et 2 sur 5 se considèrent comme des scientifiques. Une adhésion forte des Français que relève le second baromètre de l’esprit critique d’Universcience. On découvre aussi que la moitié (58%) garde un bon souvenir des sciences à l’école et a fréquenté un lieu ou musée de sciences durant les 3 dernières années.

Plus de la moitié (55%) s’informent au moins une fois par mois à des sujets scientifiques et 38% pratiquent même des activités scientifiques de temps en temps. Dans le détail, on remarque que les « passionnés » (14%) ou « intéressés » (35%) sont jeunes, diplômés et masculins. Les « irréguliers » (40%) sont plutôt féminins, issus de catégories populaires et peu ou pas diplômés.

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Une majorité convaincue du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est au coeur aussi des préoccupations. Il fait consensus pour 63% des personnes interrogées. Un tiers estime ne pas être d’accord ou ne se prononce pas sur ces questions. Pour le dérèglement climatique, les scientifiques sont vus comme étant les plus crédibles (42%). La défiance est avérée envers les entreprises (12% de confiance) et les responsables politiques (10%). Des chiffres qui se situent au même niveau que les influenceurs !

En ce qui concerne ce que représente pour eux l’esprit critique, près de la moitié estime qu’il fait référence « à faire preuve de raisonnement logique et rationnel », de « s’informer avant de prendre position » et enfin « d’être capable d’échanger avec des personnes ne pensant pas comme eux ». Le sondage fait aussi apparaitre une large ignorance des biais cognitifs et de leurs risques.

Pour stimuler leur esprit critique, ils estiment que cela vient d’abord des parents (72%) et des enseignants et amis (68%). Les journalistes ne l’aident que pour 40% des sondés. Pour la majorité (74%), ce sont les sciences humaines qui ressortent en premier devant les sciences dures.  4 Français sur 5 estiment même pouvoir changer d’opinion sur la base de raisons convaincantes. Pour les deux tiers, les débats se font plus entre amis (65%) ou durant les repas de famille qu’au travail (32%) ou sur les réseaux sociaux (23%).

Les profils à l’esprit critique sont les « analystes » (plus âgés, diplômés, consommateurs de médias traditionnels) et les « confiants » qui sont jeunes et urbains. Les « méfiants »  sont aussi jeunes mais moins diplômés, préfèrent internet et les réseaux sociaux aux médias traditionnelles et sont plus climatosceptiques. Enfin, les « éloignés » sont dans la population rurale, féminine et moins diplômée.

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Des jeunes curieux mais qui préfèrent rester entre eux

Dans la majorité de la population, ce sont les 18-24 ans qui sont le plus régulièrement en contact avec la science. Ils fréquentent plus les musées, utilisent une information régulière sur les sujets scientifiques (74%). Contrairement à ce que l’on croit, ils privilégient l’entourage (69%) comme canal d’information devant Internet et les réseaux sociaux. La télévision ne convainc qu’un tiers des 18-25 ans comme source d’information. Il accordent plus de confiance aux réseaux sociaux que leurs ainés (42% contre 29%). Enfin, un jeune sur deux ne se définit pas comme ayant l’esprit critique. 57% d’entre eux préfèrent même parler avec des personnes qui partagent leur opinion. Pas très bon pour des échanges constructifs !

 

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.