Lyna Mahyem, “femme forte” et chanteuse engagée

 Lyna Mahyem, “femme forte” et chanteuse engagée

Lyna Mahyem (crédit photo FIFOU)

Lyna Mahyem s’inscrit dans la tendance de ces femmes qui ont quelque chose à dire “dans le game”. “Flattée” d’être comparée à l’icône Diam’s, elle annonce son grand retour avec son album “Femme Forte”, un coup de poing musical avec sa chanson “Purple” qui parle du viol.

La voix est douce, le propos intelligent et l’oeil pétillant. Lyna Mahyem ne joue pas de rôle ! Sûre de son fait, la chanteuse révélée par ses reprises de chanson de Maitre Gims ou de Booba, a parcouru un chemin semé d’embuches. Et le résultat est à l’image de son interprète : vrai, sincère et ancré dans la réalité de notre société.

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A Argenteuil, un succès rapide grâce aux réseaux sociaux

La fille de commerçants franco-algériens d’Argenteuil a une passion depuis son enfance : le chant. Sa voix mélodieuse se conjugue parfaitement sur les scènes de MJC et autres occasions.  Celle qui “voulait devenir une star” écoute alors les tenants du R&B et du rap français. Elle avoue aussi une passion pour des chanteuses de variétés comme Edith Piaf ou Diane Tell.

De sa chambre, débutent des vidéos qu’elle poste sur les réseaux sociaux. Ses reprises de Bella ou Je me tire de Maitre Gims (près d’un million de vues) seront balayées par celle de Booba “92i Veyron” (56 millions de vues). Elle signe alors sur un label et commence des featurings. “C’était des musiques du moment qui me parlaient, indique la chanteuse. La célébrité me tombe dessus. Je n’ai pas eu le temps d’apprendre mon métier. Si on n’a pas le mental qui va avec, on s’arrête au premier échec.”

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Un sentiment partagé et une leçon de vie

L’expérience tourne court. De désillusion en désillusion, elle a l’impression de se perdre dans un milieu, pas toujours facile d’approche. A l’instar de beaucoup de chanteuses de R&B “Kleenex”, on lui prédit une fin de carrière prématurée. “Après l’échec, s’en suit la victoire. Sans échec, on ne peut pas apprendre. C’est comme cela qu’on crée et forme son parcours de vie.”

Lyna Mahyem, tel un Phénix renaissant de ses cendres, reprend en main sa carrière avec une autre équipe de production. Une nouvelle carrière qu’elle explique dans sa chanson “Outro”. Illustrée par un très beau clip de la réalisatrice Leila Sy (Banlieusards, etc.), la marque Maybelline l’accompagne et en fait son ambassadrice. Jouant parfaitement de la communication sur les réseaux sociaux, elle fait croire à une grossesse. De ce travail de longue haleine (9 mois ?), sort l’album “Femme Forte”. Une myriade de chansons personnelles aux rythmes colorés et laissant la part belle à des horizons musicaux diverses.

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Une lettre pour libérer la parole sur le viol

Le point d’orgue de l’album est sans aucun doute la chanson “Purple”. Celle qui écrit une grande partie de ses chansons (“C’est l’un des seuls moyens pour une artiste d’apporter une part d’elle-même”), évoque alors l’histoire d’une fille qui parle à sa mère des violences qu’elle a subies. “J’ai voulu mettre en avant la visibilité et la notoriété que j’ai pour porter ce message. Dans le monde entier, le viol est camouflé. Pourtant, ce sont des actes que les femmes subissent tous les jours. Il faut le dire, libérer la parole pour les personnes qui ont subi cet acte. Je veux que les victimes se sentent moins seules.” Semant le doute sur ce qui est de la fiction ou de la réalité dans son album, l’artiste ne triche pas. Elle se dévoile, couche par couche, de nuance en nuance, laissant découvrir une femme, qui sait rebondir et inverser la tendance pour se (re)mettre dans le “game”.

Croyant encore plus à son étoile aujourd’hui qu’hier, elle est consciente de sa double culture franco-algérienne. Sa “fierté des DZ” lui permet de donner des concerts sur place mais surtout de souligner son amour pour le pays d’origine de ses parents. Durant la CAN, elle déclare son soutien total aux Fennecs. Outre le foot, Lyna est aussi une accro du basket qu’elle a pratiqué.

Lyna Manhyem, femme forte

Aussi, nous l’affirmons : “Femme Forte” n’est qu’un prélude ! Dans les années à venir, on entendra encore parler de Lyna Mahyem et des nombreux thèmes qu’elle évoquera.

 

 

Yassir GUELZIM

Journaliste Print et web au Courrier de l'Atlas depuis 2017. Ancien de RFI, LCI, France Inter. Producteur et réalisateur (Arte Reportage, France24, France tv).